REGARD: LA PARFAITE CONSEILLÈRE (Par Almamy Abdoul Demba TALL)

La Sénégalaise la plus honorée, la plus connue et la plus respectée de toute l’histoire…américaine.
Depuis 200 ans déjà.

Aujourd’hui, la seule sénégalaise; qu’on baptisa d’un historique National-Park…aux Etats-Unis.
Rufisque aussi ne s’y trompa point cette année; elle baptisa une de ses rues du nom de cette même extraordinaire grande-dame.

Pour la seule raison; qu’il n’ya certainement pas de plus géante héroïne sénégalaise, pas de plus indomptable battante, qui vainquit de quasi-insurmontables obstacles, en une si hostile terre étrangère.

Anta-Madjiguéne-Ndiaye, directe héritière de trône du Djolof d’alors, ne pouvait se douter de l’atroce destin, que lui réservait ce monde cruel, lorsqu’elle naquit en 1793, il y’a 225 ans.

A 12 ans, des trafiquants Tiédos l’arrachèrent du royal et luxeux confort paternel, par surprise lors d’un razzia; pour la vendre comme esclave.

Et tout alla alors très vite pour la craintive fillette.
Elle se retrouva immédiatement dans l’inhumain « stockage » de Gorée; avant de se voir embarquée, de lourdes chaînes au cou et aux poignets, pour Cuba.
Le voyage du pur cauchemar.

Mise aux enchères en Floride, Anta-Madjiguéne devint la propriété du riche Zephaniah Kingsley.

Toutefois, pour sa parfaite attitude dans cette horrible épreuve de feu, sa naturelle dignité, ses manières de princesse éduquée avec soin, sa générosité pour les autres esclaves; et sa grande beauté, son « maître », lui même, perdit la tête pour Anta-Madjiguéne.

Ainsi, par respect pour Anta; tout le reste se fit ensuite dans les règles de l’art: une grandiose officielle cérémonie de mariage « à la Sénégalaise », avec tous les honneurs pour la mariée, malgré l’illégalité des liens entre blancs et noirs, alors.

De suite, Anta-Madjiguéne-Ndiaye se révéla comme une exceptionnelle femme d’affaires de génie.
Unanimement, tous, même les esclaves de son époux, reconnurent sa légendaire droiture, son humilité, et son trés profond sens de la Justice, malgré l’affreux contexte d’alors.

Elle améliora d’ailleurs tellement les lieux de vie des esclaves; que pour atténuer leur nostalgie de l’Afrique; elle fut la première en Amérique, qui fit construire de vrais villages africains, en forme de cercle, pour eux.

Un élan qui tourna court toutefois.
Encore une fois; survint un nouveau croque en jambe du destin pour Anta-Madjiguéne-Ndiaye, en 1831.

Son mari fut obligé de l’évacuer précipitamment, avec ses enfants, en Haïti-libre; lorsqu’éclata la plus sanglante révolte de milliers d’esclaves, qui embrasa tout le Deep-South, sous la houlette du légendaire homme du refus: Nat-Turner.

Avant son départ pour cette nouvelle terre étrangère haïtienne; Anta-Madjiguéne libéra tous les 50 esclaves de son époux; soit la perte sèche d’une véritable fortune alors, 34 ans avant la fin de l’esclavage.

Un nouvel uppercut du destin, encore; lorsqu’à 50 ans seulement; Anta-Madjiguéne devint veuve, en 1843.

Toutefois, immédiatement aussi; le temps d’une nouvelle frontale confrontation; la Loi lui refusa tout droit d’héritage, pour elle et ses 4 enfants.

Cette énieme guerre, pour ce qui revenait à sa famille; elle ne la gagna cependant qu’après une épique bataille juridique; pour enfin récupérer les biens de son défunt mari.

En 1870, Anta-Madjiguéne-Ndiaye s’éteignit paisiblement chez elle, à 77 ans.

Son soutien fut trés actif aux forces de « l’Union »; pour la fin de l’esclavage, qui survint juste 5 ans avant sa mort.

Celle qui transcenda les sauvages acharnements et les innommables humiliations du pire crime de l’Occident sur l’Afrique, repose à Jacksonville, où des centaines de touristes la visitent, régulièrement.

Le monument de persévérance et de dignité que bâtit ainsi Anta-Madjiguéne-Ndiaye, ne constitue t-il pas aussi le plus pertinent conseil d’outre-tombe, qu’elle pourrait offrir à sa patrie, son pays natal; son Sénégal d’aujourd’hui ?

Anta-Madjiguéne, qui brisa ses chaînes, juste par son intarissable génie, abrégea ses souffrances et décrocha son triomphe final, n’est t-elle pas aussi la parfaite conseillère; pour toute intelligente libération sans haine ni violence?

Sa recette de très déterminée et fine stratège, pour se libérer et faire fortune; la même formula pour sa descendance, dans le Sénégal de tous les dangers, en 2019?

Surtout, le plus précieux conseil d’Anta, ne serait t-il pas pour les actuels « power-brokers » dirigeants?
Ces sous-fifres du même diabolique Empire Occidental; qui la plongea, à 12 ans, dans l’enfer des cales d’un bateau-négrier et les horreurs des champs de coton?

Anta-Madjiguéne, ne pointerait t-elle pas à ces néo-colons noirs; combien inintelligente et contreproductive; est leur acharnement pour s’éterniser?

A l’exemple de celui qui menace aujourdhui avec des armes de répression massive son peuple, séquestre qui il veut dans ses prisons, pille sans retenue, diabolise en « intégriste » tout patriote qu’il sait intégre; ne rappelerait t-il pas à Anta-Madjiguéne, les féroces renégats de sa tendre enfance, qui la grapirent alors qu’elle jouait innocemment?

Ce néo-colon d’aujourd’hui, n’eut t-il pas d’ailleurs un verre de trop dans le nez, cette semaine; lorsqu’il appela, publiquement par son numéro deux; au meurtre pur et simple de son « ennemi » politique?

Pourtant le silence-radio des médias sur une telle abomination, et leur aveuglante génuflexion devant le tyran; ne seraient t-ils pas surtout la plus inadmissible honte nationale en cours?

Comme Jules Stahl en 1861, Anta-Madjiguéne-Ndiaye-Kingsley, elle aussi, aurait sûrement murmuré aux sourdes oreilles de ce cheval fou; ce même immortel dernier conseil: « les gens, à qui on refuse la liberté, finissent toujours par l’arracher. »
De quelle maniére? Voire.

Almamy Abdoul Demba TALL

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