Propos du Mercredi : Obstacles imprévus pour Mackyavel

Raidissement. Tel est le réflexe du pouvoir marron devant les obstacles imprévus qui se dressent sur le chemin de la confiscation du pouvoir prévue en février 2019.

Premier obstacle : le Comité des droits de l’homme de l’Onu demande la révision du procès de Karim Wade. Ces experts, peut-être sans le savoir, ont abattu un échafaudage construit pierre par pierre, depuis 2012, pour empêcher toute candidature gagnante de l’opposition en 2019. Après le coup de pied donné par la Cour de justice de la Cedeao sur le dossier Khalifa Sall.

Devant l’effondrement de ce mackyllage judiciaire, le clan des prédateurs bande les muscles. L’Onu ? Un machin. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ? Du papier toilette. Les engagements internationaux du Sénégal ? Laissez-moi rire.
Deuxième obstacle : Karim Wade a annoncé sa décision de rentrer, malgré la menace d’arrestation brandie par Mackyavel sur l’écran de Tv5, et la promesse d’une amnistie. Ce retour programmé déconstruit toute la stratégie visant à faire avaliser par l’opposition et l’opinion l’exclusion des candidats jugés dangereux, au nom du “réalisme politique”. Quand le plan A est là, les plans B ou D sont tout simplement escamotés. Un contenu concret est aussi donné au droit à la candidature, qui demeure le point nodal du combat pour une présidentielle honnête et pacifique en février 2019. Mackyavel n’a plus alors d’autre choix que l’affichage de son plan de braquage électoral dans toute sa nudité.

Troisième obstacle : un acteur imprévu est entré en scène, perturbant fortement le scénario primitif d’un face-à-face entre le pouvoir et l’opposition. Les Ong et la société civile ont mis en place des programmes de sensibilisation et de médiation en vue de contribuer à la transparence de la présidentielle.

L’attaque brutale contre Enda et Oxfam vise à interdire la mise en œuvre de ces programmes. Car, sans peut-être le vouloir, ils menacent directement la fraude programmée, dont les composantes sont, entre autres, la manipulation de la carte électorale des bureaux de vote et la falsification du processus de centralisation des résultats. Il faudrait en effet faire taire au préalable ces voix indépendantes pour qu’Aly Ngouille Ndiaye puisse, au soir du 24 février, déclarer, comme prévu, une “victoire au premier tour à 53,7%” ?

Un dernier obstacle, en attendant les suivants : l’accès de l’opposition au fichier électoral et sa publication sur internet, après plusieurs mois de pressions exercées par les démocrates. Le refus de cette publication, paradoxalement défendu becs et ongles par Doudou Ndir, président illégal de la Cena, était une composante essentielle du plan de fraude. D’ailleurs, les premiers cafards ont déjà commencé à sortir, avec ces nombreux électeurs inscrits au fichier et déclarés non-inscrits sur leurs cartes d’identité.
Il y a une leçon à tirer de ce dernier obstacle : sous la pression des forces démocratiques, le pouvoir est contraint de faire des concessions significatives. Seule la résistance opiniâtre est payante.

21/11/2018
Mamadou Bamba NDIAYE
Ancien député
Secrétaire général du Mps/Selal

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